La poésie se porte bien. Et nous aussi

Livre Hebdo Poésie 2025

Le classement 2025 des recueils les plus vendus en France vient de tomber. On n’y figure pas. Et on est fiers quand même.

Livres Hebdo vient de publier le palmarès 2025 de la poésie en France : 18,3 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1,53 million d’exemplaires vendus, François Cheng en tête avec 72 000 exemplaires pour un seul titre. Arthur Teboul (de Feu! Chatterton), dont les « poèmes minute » ont conquis TikTok, entre dans le top 10. Les classiques résistent, Prévert et Éluard toujours fidèles au poste.

Rupi Kaur a construit son lectorat avant d’avoir un éditeur. Nous, c’est l’inverse : nous croyons au texte avant de penser à l’audience. Deux philosophies valides. Deux chemins différents vers la même chose : que la poésie trouve ses lecteurs.

C’est un beau panorama. Et non, UltraLetters n’y figure pas.

Nous publions des poètes qui écrivent depuis leur chambre, leur jardin, leur fenêtre sur la Meuse ou le Parc Güell. Des voix qui n’ont pas encore de compte Instagram à 200 000 abonnés. Des personnes qui ont mis des années à trouver le courage de confier leurs vers à quelqu’un, et qui ont choisi de nous les confier.

Notre rôle, c’est d’être là quand un poète arrive avec un manuscrit et nous dit : « Je ne sais pas si c’est bon, mais c’est sincère. » C’est exactement ce genre de voix que nous cherchons.

Ce mois d’avril, nous publions La mort se recueille de Maximilien Boulanger, poèmes et peintures, une traversée de la fin des choses avec une douceur étrange. Bientôt, Mots froissés de Sarah Daumerie, Garder les yeux ouverts d’Alain Henry. Des titres qui ne figureront sans doute pas dans le top 50 de l’an prochain. Mais qui compteront pour leurs lecteurs.

Ce que le classement 2025 confirme — et c’est là où nous nous reconnaissons pleinement — c’est que la poésie vit. Qu’elle circule. Que des gens cherchent encore des mots pour nommer ce qu’ils ressentent. Le recul de 7,6 % en volume ne nous inquiète pas : la poésie n’a jamais été un produit de grande consommation, et ce n’est pas demain qu’elle le deviendra.

Nous participons à ce mouvement à notre échelle, avec nos moyens, depuis Beauraing. Sans subvention ni aide publique. En choisissant chaque titre parce qu’il nous touche.

C’est suffisant pour être fiers.

Source: Livre Hebdo 13 mars 2026